Trente ans de solidarité
SoliMed Algérie a été fondée en 1994 à Paris, à la suite d’une collecte organisée au Relais Ménilmontant en faveur des orphelins de la pouponnière d’El-Biar, à Alger. La générosité des donateurs et l’élan de mobilisation ont conduit ses initiateurs à pérenniser leur action sous forme associative.
De la pouponnière d’El-Biar à l’association
Durant sa première décennie, SoliMed Algérie est intervenue principalement dans le champ sanitaire, par l’envoi de matériel médical, de médicaments et de supports de formation. L’association a également soutenu l’enfance en difficulté et les structures de prise en charge du handicap.
Sur le terrain, elle s’est appuyée sur un réseau de partenaires hospitaliers et associatifs reconnus, ainsi que sur un partenariat étroit avec le Croissant-Rouge algérien pour l’acheminement des dons. Elle est par ailleurs intervenue lors des inondations de Bab El Oued en novembre 2001, puis du séisme de Boumerdès en mai 2003.
Aller au terrain, transmettre le savoir
À partir de 2005, SoliMed a engagé une présence directe sur le terrain algérien à travers trois caravanes médicales successives, en 2005, 2006 et 2007, dans des zones enclavées du Sud. Ces missions pluridisciplinaires ont mis en lumière l’ampleur des besoins en formation des personnels de santé locaux.
Dès 2008, l’association a approfondi cet axe en lançant une série de missions de formation médicale à El Meniaa, une mission préparatoire en 2008, puis trois missions opérationnelles en 2009. En 2010, la campagne Ne me pique pas a sensibilisé les professionnels de santé aux risques d’accidents d’exposition au sang. En 2011, le lancement du Forum médical franco-algérien a ouvert un espace permanent de dialogue scientifique entre praticiens des deux rives.
À partir de 2012, les journées d’échanges se sont multipliées et diversifiées sur l’ensemble du territoire : pédiatrie à Tlemcen, gynécologie et pédiatrie à Saïda, urgences cardiologiques, prise en charge du VIH et des hépatites à Annaba et à Nouakchott, autisme à Constantine, El Oued et Oran. L’association a également formé quarante professionnels à la prise en charge précoce des enfants porteurs d’implants cochléaires. En 2013 et 2014, le rythme s’est encore accéléré, avec des journées à Tiaret, Sidi Bel Abbès, Tissemsilt et Saïda, couvrant la maternité, la pédiatrie, la psychiatrie et la psychomotricité.
C’est dans ce prolongement qu’a été constituée une commission médicale, composée de médecins bénévoles membres de SoliMed. Elle examine les demandes de conseils et de médicaments formulées par des patients ou des praticiens algériens, et assure le montage et le suivi de l’aspect médical et scientifique des projets de l’association.
S’adapter, innover, résister
La période 2014-2016 a été marquée par un recentrage sur des problématiques de santé publique structurelles : journées pluridisciplinaires à Tiaret, prise en charge de l’autisme infantile à El Oued, santé mentale à Sidi Bel Abbès, don d’organes à la faculté de médecine d’Alger.
En 2020, la pandémie de Covid-19 a brutalement reconfiguré les priorités. SoliMed a rejoint le Réseau Solidarité DZ Covid-19, constitué avec les collectifs Ahrar Belouizdad, Amana, NABNI et Dzayer 2.0, pour apporter un soutien massif au personnel soignant algérien. En quelques semaines, le réseau a distribué plus de 9 000 visières de protection, acheminé des milliers de masques FFP2 et chirurgicaux, lancé la production de 30 000 masques grand public avec des couturières bénévoles, fabriqué plus de 1 000 combinaisons et surblouses lavables, et distribué 20 oxymètres dans les centres de tri des patients. Des bénévoles équipés d’imprimantes 3D ont produit 200 raccords pour masques Decathlon, permettant d’améliorer l’oxygénation des cas les plus sévères. Une application dédiée au suivi des stocks et des distributions a été développée par des bénévoles du réseau. Les interventions ont couvert Alger et de nombreuses wilayas : Koléa, Médéa, Miliana, Rouïba, Bordj Bou Arreridj, Tigzirt, Bouira, Baïnem, Cherchell et Constantine.
En août 2024, SoliMed a lancé un appel aux dons pour financer le traitement Venetoclax d’une patiente de 72 ans atteinte de leucémie myéloïde aiguë, au coût de 3 000 euros par mois. Grâce à la mobilisation des donateurs, 5 230 euros ont été collectés, complétés par deux boîtes offertes par une famille.
Quand les frontières bloquent les traitements
Les restrictions de circulation liées à la pandémie ont coïncidé avec une réalité déjà bien ancrée. De nombreux médicaments sont introuvables en Algérie, d’autres existent mais à des prix inaccessibles pour la majorité des patients. SoliMed a alors structuré une activité dédiée au traitement des demandes individuelles et à l’acheminement de médicaments depuis la France, instruite par sa commission médicale. Chaque demande fait l’objet d’un examen avant toute intervention. Cette mission, montée en puissance à partir de 2022, constitue aujourd’hui l’un des principaux volets opérationnels de SoliMed Algérie.